Décolonisation et interculturalité

Notre Groupe de recherche “JUWA” étant constitué des chercheurs à fois africains et européens; nous nous sommes engagés à approfondir des thématiques liées à la décolonisation de la recherche vers une recherche plus collaborative, interculturelle et fructueuse à tous. Face aux défis des rapports de pouvoir à la fois historiques, politiques, structurels, économiques, etc. ; nous essayons autant que se faire de promouvoir des recherches axées sur l’interculturalité et la décolonisation de la recherche.

A cet effet, notre groupe s’est investi dans une publication collective pour faire parler des voix silencieuses généralement du Sud; universitaires, qualifiés, expérimentés, motivés. Inlassablement, ils collectent sur le terrain d’inestimables données, dans des conditions jamais faciles et parfois très risquées, par exemple dans des zones de conflit armé. Leur travail n’est pas toujours une partie de plaisir. Et pourtant, leurs voix sont inaudibles, leurs visages invisibles, leurs noms inexistants dans les publications de recherche. Ainsi, nous avons produit fin 2019 une publication sur la question et qui témoigne de cet intérêt pour ces voix souvent tenues à l’écart de la conception des projets, des modalités de leur financement, et des résultats de recherche qui se publient loin d’eux, dans des revues auxquelles le plus souvent ils n’ont même pas accès. Le livre sorti aux Pressses Universitaires de Louvain est commandable à ce lien:
https://pul.uclouvain.be/book/?gcoi=29303100600570

Par ailleurs, notre groupe continue à travailler sur des questionnements nouveaux allant vers davantage de décolonisation de la recherche dans un monde qui se globalise de plus en plus.

L’innovation introduite dépasse les imaginaires de couleur face aux rapports de pouvoir post-coloniaux et inclut les questionnements nouveaux autour des environnements de recherche marqués par des rapports de pouvoir forts aussi bien au Nord qu’au Sud. Ainsi, des questionnements nouveaux tels que l’acceptation des femmes dans la recherche; le traitement des jeunes assistants de recherche, le financement alternatif de la recherche, la structure de la recherche, les libertés académiques, etc. intègrent nos questionnements. L’enjeu est de faire ressortir le caractère complexe lié à la décolonisation des savoirs, thématique souvent objet des simplifications ambiantes qui ne permettent pas de vider le fond des questionnements anciens et nouveaux, toujours complexes.