Transitions rurales

Les débats sur la transition dans la société internationale en général font de plus en plus échos à la fois aux niveaux étatiques, supra-étatiques qu’aux niveaux locaux d’initiatives citoyennes. Ainsi, avec le tournant décisif amorcé en 2005 notamment par le concept des « villes en transition » (Rob Hopkins) dans de nombreuses villes occidentales; notre groupe de recherche se positionne dans un questionnement propre aux initiatives innovantes de la transition propre à l’Afrique subsaharienne en général.

Conscients du fait que la manière d’aborder le concept de la transition dans les pays du Sud nécessité une méthodologie et une épistémologie appropriée pour qu’il ne soit pas un nouveau dogme imposé; nous avons développé une approche radicalement tropicale afin de mieux analyser l’ingénierie d’innovations sociales qui se crééent par le bas aussi bien dans les villes que dans les campagnes notamment face aux défis des changements climatiques. Ainsi, sous la forme des dynamiques populaires et associatives locales d’émancipation vis-à-vis du système capitaliste et des politiques libérales productivistes; nous mobilisons une épistémologie fondée sur « l’écologisme des pauvres » (Martinez Alier, 2014) afin d’analyser le mouvement social de la résistance en contexte des conflits environnementaux en Afrique des Grands Lacs en particulier, centrale et orientale en générale.

Nos recherches vont ainsi dans le sens de démontrer combien les « communautés pauvres » font de l’écologie une affaire personnelle dès lors que pour eux la surexploitation de la nature est souvent synonyme de perte de revenu, d’habitat, voire de vies humaines ou alors des pertes des repères identitaires et culturels. Nos chercheurs se sont déjà penché sur les types d’innovations à la fois de résistance et d’adaptations qui se développent par le bas pour contrer les politiques néolibérales souvent sources des déséquilibres écologiques et sociaux dans la survie des ménages pauvres. Dans le même ordre, nos recherches se focalisent actuellement sur les types d’innovations socio-techniques que développent les acteurs locaux pour faire face aux changements climatiques dans une approche de dialogue social permanent entre chercheurs et populations locales.